Karda By Night !

Mon travail m’amène souvent à devoir répondre à des invitations à déjeuner, diner, after-work, sorties nocturnes, soirées de galas, défilés, etc.

Bon, avouons-le, d’une manière générale, et depuis toujours, j’aime sortir, aller vers les gens, dans différents endroits, différents milieux.

Je pense d’ailleurs avoir fait toutes les boites et tous les bars de cette ville…

J’aime discuter et surtout observer la faune nocturne de Dakar, celle qui mue le soir, pressée de tomber les masques, ou d’en porter d’autres, après avoir été enfermée durant toute la journée dans la cage des convenances sociales et professionnelles, des « monsieur ci, madame là ». Continuer la lecture de « Karda By Night ! »

Madame et ses dames

Nous étions tranquillement en train de diner, ma moitié et moi, discutant de ci, de ça, lorsque LA phrase fatidique vint s’immiscer dans notre conversation :

– Chéri… Je pense que je vais changer de domestique…
– Encore ! Pourquoi ? lui répondis-je, en reposant mon couvert.

Et voilà, c’était reparti ! Et pourtant les choses commençaient toujours bien, et chaque fois qu’une nouvelle débutait à la maison, ma femme disait qu’elle était mieux que la dernière…

Mais une fois le « round d’observation » fini, au bout de quelques jours, ou semaines, parfois, Madame constatait les défauts et manquements de Awa, Marie ou Bintou… C’est qu’elle est perfectionniste, Madame, et veut que tout soit toujours i.m.p.e.c.c.a.b.l.e.

Attitude légitime, surtout lorsqu’il s’agit de mes chemises, qui, je dois l’avouer, étaient parfaitement repassées pendant les premières semaines, et de plus en plus froissées au fur et à mesure que le temps passait.

Même moi certaines choses m’exaspéraient, finalement.

Ce n’était pas un manque de volonté de bien faire de la part de l’employée de maison, je pense, mais plutôt le fait qu’on est jamais satisfait du travail qu’on peut faire soi – même. C’était d’autant plus évident lorsqu’il s’agit de préparer les repas : Soit il y avait trop d’huile, ou pas assez, soit ce n’était pas assez salé ou trop épicé.

Madame tenait à ce que « son homme » mange bien, lorsque ce n’était pas elle qui cuisinait !

Je l’entendais pester dans la cuisine, lorsqu’elle découvrait que la domestique n’avait pas bien épluché les pommes de terre, oublié de laver les couverts.

Je l’admirais, elle qui chaque soir, rentrée à la maison, aussi fatigué qu’elle puisse être, passait en revue tous les travaux domestiques qu’elle avait confié à la domestique.

C’était important pour elle que tout soit en ordre, propre et bien rangé.

Je l’entendais aussi chaque matin donner des directives, rappelant à l’ordre sur telle ou telle chose, encourageant sur telle ou telle autre, usant de patience et de compréhension. Mais on n’est jamais satisfait du travail d’autrui lorsqu’on peut le faire soi-même…

Ainsi, en attendant de trouver la perle rare, les week-ends, madame s’occupait elle-même des travaux domestiques, montrant, expliquant à la domestique comment faire ci, préparer cela.

Ce n’était qu’au bout de plusieurs tentatives d’amélioration que ma femme se décidait, à défaut de ne pouvoir atteindre la perfection souhaitée avec la domestique, de changer, en embaucher une autre, en espérant qu’elle serait mieux que la précédente. Certaine duraient des mois, d’autres quelques semaines…

Elle n’était pas la seule dans ce cas, à l’entendre discuter au téléphone avec ces amies : la bonne ci, la bonne ça ! Même celles recrutées par l’entremise des maisons de placement ne trouvaient pas entière satisfaction à leurs yeux.

Alors finalement elles échangeaient des trucs et astuces, des numéros et des contacts, pour enfin dénicher celle qui ferait l’affaire, pour un temps, jusqu’à la prochaine « chéri, je pense que je vais changer de domestique… »

Urban Man avril 2011

Hiatus Culturel

Je ne comprends pas pourquoi NOUS dissocions et critiquons NOTRE CULTURE dans sa globalité (danses, séries télé, musique, etc.) de ce que nous sommes intrinsèquement, comme si elle nous était forcée, imposée, venant de l’extérieur alors que nous avons nous même modelé nos « nouvelles » croyances, coutumes, relations interpersonnelles et manière(s) de vivre.

NOTRE culture ne fait que  refléter l’état et l’évolution de notre société, de nos mœurs et de notre identité, telle une adolescente vivant les affres de sa puberté.

Nous sommes certes arrivés à un point où NOUS n’avons plus d’exemples ni de références à part des « idéaux » éphémères ne durant que le temps d’une ou deux saisons, d’un chanteur de passage à un autre ou d’une danse à la mode à l’autre.

Aujourd’hui, NOUS créons et adulons des vedettes qui ne portent aucune valeur sur leurs épaules, à défaut de porter des habits décents et d’être des modèles de bons sens, de morale et d’engagement pour NOTRE NATION.

Mais qu’est ce qui nous définit réellement aujourd’hui, nous SÉNÉGALAIS ?

Quelle image donnons nous au Monde et à nous-mêmes ? Quel avenir dessinons nous pour nos enfants ? Quel avenir vous définissez vous, génération « yay bagn », générations alternance et émergence ?